Avant-gout (2)
9 juillet 2010 2 Commentaires
(Nous avons enfin le temps d’alimenter le blog. Beaucoup de choses se sont passees depuis, mais reprenons ou nous en etions…)
Lorsque nous arrivons dans le camping-car, l’incomprehension est totale. Nous ne savons pas ou il nous emmene, et les personnes a l’interieur ignorent ou nous nous dirigeons. La raison est simple, bien que nous passons les premieres secondes a repeter le nom de la ville jouxtant la M1, l’autoroute qui mene a Londres, les trois filles a l’arriere et le conducteur ne nous comprennent pas. Ils sont sourds-muets.
Le calepin degaine est d’un grand secours. Le conducteur s’appelle Tony, a l’arriere, une Lituanienne et une Slovene, une fille en bas age, et un petit chien. La fine equipe nous conduit tout sourire vers une destination inconnue. Malgre les signes rassurants de tous, il nous faut nous abandonner a ce sort incertain.
Apres plusieurs kilometres ou le silence est roi, le van rentre dans un grand champ, trouve une place et s’arrete. Vu le nombre de voitures gares ici, nous devons nous trouver dans une sorte de grand rassemblement local. Les filles sortent du vehicule, echangent quelques mots avec Tony, qui remonte aussitot derriere le volant et repart. De petits ralentissements sur la route nous permettent de “discuter” avec le calepin comme mediateur.
Il a laisse les filles au Derby County Show, une foire locale ou concours de chiens, voitures de collection et degustation de produits locaux ont la cote, et il nous emmene bien a l’endroit que l’on ecrit en gros sur le carnet. Ce qu’il fait dans la vie? Reponse de l’interesse : “I’m a Christian happy with deaf gospel” Il est sourd depuis sa naissance. Mais comment se peut un gospel sans son? Ce serait un gospel de l’Ame? C’est exactement ca, nous dit-il, avec la priere comme chant interieur.
Il nous depose a l’endroit dit, a deux pas de l’entree de l’autoroute. Ca ne le derange pas de nous approcher, de toute facon il faudra qu’il fasse demi-tour. N’allait-il pas dans cette direction a la base? Non, il nous a simplement conduit ou nous desirions avant de reprendre sa route… Nous le remercions avec une pluie de “thank you”, et le regardons s’en aller avec ce sentiment intimidant d’avoir rencontre quelqu’un de sincerement bon.
Il nous faut maintenent reprendre notre position du pouce-leve et attendre que quelqu’un daigne s’arreter. Ce jeune couple de scientifiques (etudiante et jeune prof) nous emmenera tout pres de Londres. La discussion est bien banale, un echange de vue poltique, et l’aveu de leur ambition d’enseigner en Afrique seront les seules choses qui nous resteront. Ils nous laissent sur un autre axe ou il nous faut refaire du stop, non sans avoir mange “pour moins cher que ce qu’il nous etait demande” dans une station d’autoroute.
Nous sommes en fn d’apres-midi, et a deux heures de Londres. La voiture qui s’arrette est une belle BMW conduite par un jeune entrepreneur, immigre indien. Son business? Racheter des vieux pubs en deliquescence, les retapper en magasin de bouffe indienne avec coin pub, employer une equipe dynamique, et revendre six mois apres, lorsque le lieu a acquis une plus-value considerable.
Nous remercions ce tout jeune buisinessman, qui nous abandonne bientot, pour nous rapprocher toujours plus du centre de Londres. Un jeune Pakistanais nous emmene jusqu’aux aeroports, et nous laisse sur les grosses voies rapides qui se croisent a proximite. Impossible ici de faire du stop sans perdre un bras. Nous trouvons un drapeau de l’Angeleterre, de ceux qu’arborent les voitures de supporters anglais, et en decorons notre sac, pensant par la s’attrirer les faveurs d’un automobiliste footeux.
C’est un taxi qui repond a notre insistante demande. A l’interieur, air climatise et sieges en cuir. On remercie chaleureusement la personne qui nous sauve d’une situation bien dangereuse. Mais celle-ci veut de l’argent. Quoi? Mais on fait du stop la, c’est qu’on n’a pas d’argent pour une course de taxi! Du stop? (“Hitch-Hicking?” en Anglais) Le taximan ne connait pas! Apres explication, il nous faut negocier le prix de la course. Du coup, il ne nous emmenera pas dans le centre de Londres, mais plus loin. Il nous faudra marcher.
Une petite soiree passee dans Soho, avec Mexicains pleurants et Argentins heureux, nous prenons enfin le dernier metro pour rejoindre London Heathrow. L’avion part le lendemain a 12h30, mais une nuit a l’aeroport est gratuite. Nous arrivons d’ailleurs a nous arranger un lit des plus confortables -faisant de jaloux, c’est sur! – en collant deux banquettes face-a-face.
Le reveil est tel qu’attendu, mais un cafe remet tout en place. Nous partirons a l’heure dite, apres avoir fume des cigarettes toute la matinee.











